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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 Vous avez l'heure ?

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MessageSujet: Vous avez l'heure ?   Mer 8 Oct 2014 - 13:49

Ça m’arrive souvent. Je passais par-là, et je me suis perdu. On dit que je suis étourdi, moi je réponds que je rêve les yeux grands ouverts sur tout. Alors j’oublie.  Je regarde avec les autres yeux, ceux de l’âme. Il fait bleu dedans.
Je marche et marche sur le trottoir. Je souris en regardant les vitrines mais je les lèche pas, c’est pour les grands et moi je suis petit. On dirait Noel. Mais c’est pas la bonne date et j’ai jamais fêté Noel.
C’est à cause des lumières. On dirait Noel.
Je me demande à quoi ressemble Noel.

Où est-ce que je vis ? J’ai un trou dans ma mémoire. J’ai oublié. Tout. Sauf avant, au tout début quand j’étais grand.
C’est idiot, je saurais plus quoi faire des souvenirs si j’en trouve. Comment les ranger s’il y a un trou au milieu ? Je vais les empiler, on verra bien plus tard.

Je me sens un peu seul quand même, alors mon sourire s’inverse et les commissures de mes lèvres pointent vers le bas. L’eau qui mouille mes chaussures. Le trottoir est couvert d’eau. Il pleut et pleut, et… j’aime assez. Les cheveux mouillés, et les gouttes qui coulent plic et plic sur le bout de mon nez. Sur le col de ma chemise aussi. Je suis trempé. C’est important ? On dirait que je suis né avec ma chemise. Comme une peau sur ma peau. C’est pas ce que je préfère mais c’est pas si grave.
J’aimerais bien fêter Noel.
Tout seul, c’est un peu limité.
Bonjour !
Il passe…
Ou c’est « elle » ?
Elle marche trop vite.
Il a déjà disparue.
Tant pis, au revoir !

Je me sens finalement seul tout court. Un peu perdu aussi, mais… un banc. C’est parfait pour regarder les vitrines toutes en même temps, et toutes leurs lumières en même temps !
C’est beau. Je suis assis en tailleur sur un banc sur le trottoir. Et j’invente Noel.
C’est pas facile, j’ai jamais fêté Noel.
Ou alors j’ai oublié ?
En tailleur ? Je sais pas, ça m’a semblait logique de ne pas mouiller mes chaussures.
Ça me rappelle quelque chose. Mais, j’ai pas envie de me souvenir. Alors je lève les pieds.
Et je regarde le ciel les pieds en l’air, assis sur un banc. Je vois pas de ciel. De toute façon, il fait nuit. Quelle heure est-il ?

Bonsoir !
Quelle heure est-il ?

Parti…
Les gens sont trop pressés. Ils ont peur de perdre du temps. Comment peut-on perdre du temps ? C’est un paramètre incontrôlable. Le temps. Il passe et c’est tout.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Mer 8 Oct 2014 - 14:20

Je ne sais pas trop ce que je fais ici. Ce n’est pas très malin de revenir dans cet endroit que j’ai si bien connu, mais qui à présent ne me dit plus rien. Pourquoi me suis-je réveillée ? Il ne m’a rien dit. J’étais si bien à dormir. C’était calme et doux et chaud. Je vivais de rêve. Je n’avais besoin de rien. Et surtout, surtout, j’avais oublié toutes ces choses qui font mal aux cœurs, qui serrent le ventre, qui bloquent la gorge. Toutes ces choses que j’avais oublié, qu’on avait tenté de me rappeler. Toutes ces choses qui m’engloutissaient, parce que bien trop faible, trop fragile pour un monde sans mon frère, et sans lui. Où était-il ?
Je me souviens à présent. De tout. Absolument tout. Et pour ce que je ne connais pas, ces choses que je n’ai pas vécu, à cause de cette tempête, de ce bond en avant qui ne m’a pas demandé mon avis, et bien, ces choses, je les ai demandé.

Mais je n’ai pas dit que je me souvenais. Je ne veux pas qu’ils le sachent. Casey doit bien se douter. Je sens son regard sur moi mais je fais semblant de ne pas m’en rendre compte. Le vague à l’âme est toujours là mais je sens que, petit à petit, à l’intérieur, je me consolide. J’apprends. C’est dur, et ça fait mal, et ça donne l’impression de devenir parfois insensible. Mais mon sommeil m’a appris qu’il fallait parfois se recentrer sur soi-même pour mieux aider les autres. Et puis, je n’ai pas encore trop confiance en tous ces gens qui sont censés travailler pour moi.

Je suis un fantôme de toute façon. Morte d’une crise cardiaque. Casey seul sait qui je suis. Casey dit, Casey ordonne, et tous obéissent. Casey dit que je suis sa protégée, alors ils me protègent. Casey dit qu’il faut m’obéir, alors ils m’obéissent. Mais je ne demande rien, je ne parle pas. Je reste là et j’attends. Je ne sais pas quoi. J’attends, c’est tout. Et je réfléchis à tout ce qu’il s’est passé dans ma vie. Je repense au chat, et mes yeux deviennent larmoyants. Je repense au fou, et mes larmes coulent dans un sourire. Je repense à mon frère, et mon cœur se serre.

C’est encore dur. C’est encore douloureux. Mais je fais semblant de rien. Je souris à Casey, mais je ne réponds pas à ses questions. Il ne parle pas beaucoup de toute façon. Enfin, il ne parle pas avec les lèvres, mais avec les yeux, si, beaucoup. Il pourrait presque être la réincarnation de mon frère. Et, parfois, en silence, je passe ma main sur sa joue, et j’ai presque l’impression que Guillaume est là. Mais ça ne dure pas.
Ça ne dure jamais.

Alors je suis partie. Ça n’a pas été facile. Casey me surveille comme si… Je ne sais pas trop en fait. Ou alors je ne veux pas poser des mots sur ça. Pas encore. Et puis j’ai trop peur d’imaginer des choses et de me rendre compte qu’au final tout ça n’existe pas. Alors j’ai fui. Fuir, je sais faire, c’est facile, et compliqué à la fois. Mais si facile quand même. J’ai pris la poudre d’escampette, sans réfléchir, sans savoir où aller.

Mes pieds eux m’ont guidé tout naturellement vers la jolie porte que mon frère avait repeint pour moi. La peinture est partie depuis longtemps, et maintenant il pleut sur moi, sur ma jolie petite robe qui fait bien trop jolie pour un tel endroit. Et mon frère n’est plus là, ni son rouge gorge qui me faisait peur. Et moi, je ne suis pas bien ici, alors je m’en vais.

Je vais m’acheter un parapluie. Je voudrais m’envoler aussi. Mais j’achète juste un parapluie normal, un peu abimé, mais qui couvre de la pluie. Et je m’assois sur un banc. Et je me souviens comme j’ai attendu, sur un banc. Comme j’ai attendu et comme personne n’est jamais venu.

Alors je tourne mon visage de côté. J’ai de la pluie dans les yeux, un petit sourire vacillant, qui monte et qui descend. Et il pleut sur mon visage. Ma main se tend et se pose sur la sienne, si petite et si grande à la fois. Mon parapluie ne sert à rien du tout. J’ai le visage en pluie.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Mer 8 Oct 2014 - 18:28

Ni rien vu ni rien entendu, je fais semblant comme un enfant pris la main dans le sac. Moi Jude, je promets solennellement de ne plus rien voler de toute ma vie !
Mes yeux roulent vers le bas le haut, droite et gauche, et encore encore…
J’ai la tête qui tourne !
Je l’ai dit un peu fort, un peu vite, comme ça lâché comme une flèche.
J’ose pas bouger.
Alors… alors, alors… je regarde le ciel qui n’existe pas. Je bloque, je bute, je… je serre les lèvres fermeture éclaires.
Je me fais tout petit.
Comme ça, j’existe pas. Personne me voit. Et elle va partir avec sa main.
Sauf qu’elle part pas. Elle dit rien, pas un mot, pas un son, rien non rien. Pas loquace, non vraiment pas.
J’imagine des choses et d’autres et ploum poum.
J’ai un chant d’enfant qui danse dans ma tête. Je sais plus lequel, j’ai oublié. Ma cervelle est passée à autre chose.
Je voulais seulement savoir l’heure.
Et fêter Noel.

Je suis intimidé. J’ai lu ça quelque part dans un livre. Mais, je n’en connaissais que la définition.
L’émotion, c’est autre chose.
J’abdique. Parce que c’est agréable. Un contact avec une autre peau. J’oublie les schémas et les coupes, j’oublie les muscles de la main et les insertions musculaires. Tant pis pour les tendons. Vous aimez les tendons ? Non c’est vrai, j’ai décidé d’oublier. Pourtant, j'aime les tendons.
Je ressens… c’est étrange et doux et chaud et…

Vous avez les mains mouillées !
C’est comme ça qu’on attrape froid ?
Vous devriez lever les pieds, c’est plus prudent quand il pleut.


Je l’ai regardé et vu ses yeux, son regard sa peau du visage, son nez tout petit, ses pommettes et les fossettes parce que je crois en avoir distinguées mais je ne suis sûr de rien, il est tard déjà….
Vous avez l’heure ? Et puis, mes yeux sont retombés comme un soufflet sur sa main posée sur la mienne.

Alors, je pose mon autre main sur sa main posée sur ma main.
J’empile.

Bonjour, je m’appelle Jude et vous ?

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Mer 8 Oct 2014 - 18:52

Il ne m’a pas reconnu et ce n’est pas grave. Il est un bout de mon passé, ou de mon présent. Je ne sais plus. Les deux je pense. Les larmes ont cessé de courir sur mes joues. Je m’essuie de ma main qui ne le touche pas, renifle un peu, bien que ça ne soit pas très beau comme bruit. Je lui souris et me tourne un peu plus vers lui. Mes genoux, mon buste. Je vais vers lui. Lui que je connais et qui m’a oublié. Tout comme j’avais oublié. C’est dur la mémoire, ça va ça vient. Et parfois, on ne veut pas se souvenir. Que veut-il oublier lui ?

Il a un petit air bizarre sous ma main, mais je ne lui en veux pas. Il ne doit pas comprendre pourquoi je le touche. Pourquoi quelqu’un prend sa main comme ça. Mais je ne veux pas le lâcher. J’ai besoin d’un contact là. Oui, je le sens au fond de moi, tout comme quand je touche la joue de Casey. J’ai besoin de la chaleur d’un corps. De sentir une présence vivante près de moi, pour éloigner les morts.

Jude. Je souris. Je te souris Jude. Et j’ai de nouveau des larmes dans les yeux. Et je cligne des paupières, plusieurs fois, pour que les larmes ne coulent pas. Et je te souris encore. Tu te souviens ? Non, je ne crois pas. Mon sourire Arlequin. Et voilà, de nouveau, mes yeux s’embuent, de nouveau, je cligne vite des paupières. J’ai mon sourire Arlequin, celui qui ne va qu’avec toi. Tu t’en souviendras ?

Ta voix monte en moi et je t’écoute. Je ne m’assois pas en tailleur. Oh, et puis si, je m’assois en tailleur. J’enlève mes chaussures d’un coup de pied, et je mets mes jambes en tailleur, mettant ma robe sur mes jambes au mieux. Et tant pis si on voit un peu de ma peau. Je suis la sœur de Guillaume et il n’est plus là. Son rouge gorge non plus. Alors c’est moi qui mettrai les coups de poings. Même si je ne sais pas comment on fait, que je ne me souviens plus s’il faut mettre le pouce dehors ou dedans.
Je n’ai pas l’heure. Je regarde le ciel et je n’ai toujours pas l’heure. Je regarde mes poignets, mais il n’y a pas d’heure là non plus. Alors je hausse les épaules. Je n’ai pas d’heure non. Et je ne suis pas une princesse alors, minuit passé, ça ne me fait pas peur. Je n’ai pas d’heure.

Jude. Je souris Jude. Je me sens bien là, avec toi. Et mes yeux s’embuent mais je lutte, et je cligne des paupières. Et je te souris Jude. Et je souris plus encore quand je sens ton autre main se poser sur la mienne posée sur la tienne. Je sais que tu es Jude. Mais tu ne sais plus qui je suis. Cela pourrait être triste, mais je n’ai pas envie d’être plus triste encore.

J’ouvre la bouche pour te parler, pour te répondre. Je soupire. Baisse les épaules. Regarde vers le ciel. Je connais les noms de beaucoup de gens. Je connais le mien aussi. Mais là, dans ma tête, il y a surtout le nom de tous ces autres. Je soupire encore. Je secoue la tête et le regarde à nouveau. Je ne peux pas parler Jude. Pas encore. Je n’y arrive pas. Et mon sourire Arlequin se fissure. Parce que je voudrais te parler. Mais j’ai peur de ne pouvoir répéter que ton prénom.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Jeu 9 Oct 2014 - 10:02

Je ne comprends pas.
Elle sourit mais ses yeux sont mouillés. Je le vois bien, elle les cligne pour cacher tout. Mais alors… son sourire, que veut-il dire ? Il est pour moi ?

Vous ne parlez jamais ?
Tant pis, je parlerai pour nous, et vous.
Ce sont des larmes ? Là, dans vos yeux. Je les vois. Vous aussi. Et c’est pas la pluie.
Pourquoi vous pleurez ? Quel effet ça fait ? Que ressent-on quand on pleure ?

Je ne sais pas si j’ai déjà pleuré…
Je ne me souviens plus. J’ai oublié tant de choses. J’en savais beaucoup, j’ai tellement lu les livres. Et puis, j’ai vécu, j’en suis sûr. Et j’ai oublié, tout oublié, tout perdu, pouf.
Je ne sais pas quoi faire. Et vous ?


J’ai oublié… pourtant, son sourire est parfait. Pour moi, il l’est. Comme s’il était fait pour moi. Je le regarde, les yeux fixés sur lui. Dans eux. En haut maintenant, pour fixer ses yeux, son regard mouillé.
J’observe et je penche la tête. Je ne suis pas un chien. Mais je fais ça souvent. Il parait. On me l’a dit. On m’a dit aussi de ne pas le faire. Mais, je ne sais pas pourquoi. Ou j’ai oublié. Alors, je continue de le faire. Je penche la tête pour regarder ses yeux et les larmes. Il fait chaud dedans. Pourquoi il fait chaud comme ça ? Pourquoi elle ne parle pas ? J’ai beaucoup de question, toujours beaucoup de question et dans tous les sens. Et si peu de réponse.

Je la regarde s’assoir maintenant, comme moi. elle me mime ?

On se ressemble ? On se connait ? j’ai oublié vous savez…
J’ai un trou dans ma mémoire… Elle n'est plus étanche.


Et je baisse les yeux, le regard, la bouche, et les commissures de mes lèvres s’inversent et pointent à nouveau vers le sol. Si j’étais un chien battu, je lui ressemblerais. J’aurais son air.
Je suis tellement désolé à cet instant d’avoir tout oublié.

J’ai tout perdu. J’ai des tiroirs vides dans la tête.
Vous savez, c’est pas facile quand on a des tiroirs vides dans la tête. Ça prend de la place. Pour rien.
Ça résonne. Et rien n’en sort. Je devrais porter un chapeau vous croyez ? Ça ferait couvercle.
Et si je ne retrouve pas la mémoire, au moins, je ne perdrais pas tout ce qui est nouveau. Tout ce que je range dans d’autres tiroirs de mon cerveau. Comme ce souvenir, là, maintenant. Vous et moi, sur ce banc dans la nuit sous la pluie ! Je nous range dans un tiroir exprès ! J’écrirais ensuite : Jude et…
Mais… Je ne connais pas votre nom…
Vous me le dites ? Votre nom… pour l’inscrire ! Sur mon tiroir à souvenirs. Pour ne pas l’oublier. J’ai déjà tant oublié…


Elle sourit et sourit, et je trouve son sourire rempli de jolies choses même si je ne sais pas ce qu’elles veulent dire. Toutes ces choses. Que je ne connais pas. Je voudrais les reconnaitre, alors je ferme les yeux et je les serre fort ! Mais rien ne vient, rien n’arrive, rien ne remplit mes tiroirs vides. Rien.
Ma tête s’enfonce dans mes épaules.
Et mon regard s’affaisse vers le sol. L’eau qui le mouille et qui fait plic et plac et même ploc. Parfois plof. Parfois rien. Comme mes tiroirs vides.

Elle essaye de parler ? Je vois son visage qui se démène sans un mot, sans un son, sans rien, comme mes tiroirs. Et je suis triste soudain.
Et puis… je redresse  le visage et mon regard et mes lèvres sourient et ma bouche aussi !
Parce que je l’ai décidé. De toujours sourire et voir la vie en rose en bleu en vert en arc-en-ciel parce qu’elle est belle !
Parce que je l’ai décidé. Et maintenant, elle est belle et pleine de couleur, pleine de d’éclats de gouache et d’huiles pour peindre des toiles.
Voilà, c’est comme ça. Je souris parce que je l’ai décidé.
Et vous… Elle…
Je lui souris encore plus fort.
Et vrai grand beau sourire plein plein d’affection d’émotion et d’autres choses aussi.

Il faut qu’on trouve un chapeau pour mes tiroirs !
Et on va retrouver votre voix !
Vous l’avez perdu où ?
Oh… j’oubliais… vous ne parlez pas.
Mais… c’est comme pour mes tiroirs vides !… vous avez un tiroir vide dans la tête vous aussi ! Et c’est dedans qu’il y avait la parole !
Alors on va le remplir !
Mais d’abord, il me faut un chapeau !
Chacun son tour.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Jeu 9 Oct 2014 - 11:59

Avec Casey, avec tous les autres, c’est bien plus facile de ne pas parler. Tous les autres, au fond, ils ne s’intéressent pas vraiment à moi. Ils me regardent avec des lueurs étranges dans les yeux, ne comprenant pas pourquoi Casey s’occupe ainsi de moi. Et puis, même s’ils doivent m’obéir, ne leur parlant pas, ça les arrange bien, puisque sans paroles, pas d’ordre, et sans ordre, ils peuvent vaquer à leurs occupations sans être ennuyés par l’étrange petite femme que leur chef a ramené.

Mais là, là, c’est déjà plus compliqué. Parce que je sens qu’avec lui, j’ai envie de parler. J’ai envie de dire beaucoup de choses. Mais ça reste coincé dans mon estomac. Ça n’arrive même pas à remonter dans la gorge. Parfois ça tente, mais ça sait que ça ne passera pas la gorge, alors à quoi bon ? Mais là, oui là, je voudrais bien que ça monte. Que les mots sortent. Disent. Expriment. Mais ça serait trop simple. Et ce n’est pas parce que je me suis réveillée, telle la princesse que je ne suis pas, dans une boite de verre, sans même un baiser car mon prince est mort, ce n’est pas parce que je me souviens de tout, de mon frère, de mon rire, des opéras et des ballons, des courses poursuites et de la peur qui devient douceur et calme, ce n’est pas parce que je me souviens de tout cela que j’arrive à y poser des mots.

En fait, maintenant, ce n’est plus la mémoire des choses qui me fait défaut, c’est la mémoire du comment passer d’une pensée à une chose exprimée, qui réussisse parfaitement à cerner, à expliquer ce qui me traverse l’esprit et le cœur. C’est ça, c’est ce maillon qui a disparu. Qui est parti je ne sais où et qu’il faudra peut-être que je réapprenne. Si j’en trouve l’envie. Et là, avec Jude, j’en éprouve plus qu’une envie, un besoin. Mais ça ne vient pas et j’attends et j’écoute, les yeux fixés sur lui. Et je le vois pencher la tête et j’ai l’impression de me voir moi. J’ai envie de lui dire que moi aussi, parfois, je penche la tête de côté pour regarder les gens. Et ça me fait sourire parce que ça me fait me rappeler de gens qui m’ont parlé de ma tête penchée. D’une personne ne particulier qui a trouvé ça étrange, mais étrange dans le bon sens, dans celui qui donne envie d’aller vers l’autre, encore et encore.

Je voudrais tendre la main, sentir le sable passer dans mes doigts, mais mes deux mains sont prises. Alors j’oublie le sable. Les choses disparaissent, et je ne sais les rattraper. Comment garder du sable dans ses doigts après tout ? Il coule de partout, il ne veut qu’une chose, s’échapper. Après une petite tape sur la tête et je ne vois plus que son dos.

Je ne peux pas te dire l’effet que ça fait de pleurer. Je le ressens en moi, sur ma peau, dans mon cœur. Je sens tout ce que ça me fait, mais comment le dire, comment poser des mots là-dessus ? Quels sont les mots qui conviennent ? Je ne sais vraiment pas. C’est si dur d’exprimer une émotion qui me semble complexe, qui veut dire tant de choses, et si peu à la fois, qui veut dire une chose et son contraire dans le même temps. Comment expliquer quand on ne sait expliquer ? Comment faire quand les mots s’échappent, que tu n’es que ressenti et qu’il te faut devenir phrases ?

J’ai envie de passer ma main sur sa joue. Comme avec Casey. C’est le même sentiment que je sens au fond de moi, qui me donne envie d’effleurer sa joue, tout en douceur. Mais ce sentiment là aussi, je ne sais pas trop comment le dire en mots. Au fond de mon être, je ressens, je sens tout ce que cela signifie. Mais là, maintenant qu’il faudrait peut-être le dire en mot, l’expliquer, je ne sais pas. Doit-on tout expliquer ? Dois-je expliqué un geste de tendresse à l’égard d’une personne ? Je ferme un instant les yeux, me réfugie dans cette tendresse qui monte en moi, qui emplie mon cœur. Je voudrais avoir des mots pour expliquer, pour que les autres comprennent. Pour que je comprenne parfois moi-même toutes ces choses qui me traversent et qui me semblent si étranges.

Les mots, les mots… Les mots. Les mots. Les mots ! Les mots…

Je rouvre les yeux et il est toujours là. Je sens sa main sur la mienne, sous la mienne. Il est là et je ne veux pas qu’il disparaisse. Je veux lui parler, lui dire des choses que lui seul sait me faire dire. Alors je hoche la tête. Oui, allons chercher un chapeau.

Je déplie mes jambes, repose mes pieds dans mes chaussures. Je n’ai pas quitté ses mains, j’ai toujours mon parapluie avec moi. Et j’ai Jude. Alors je me lève, et je serre un peu sa main dans la mienne. Je ne veux pas le lâcher. Et je tends haut mon parapluie parce que, même s’il est petit dedans, il est grand dehors, et vice versa, et versa vice.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Jeu 9 Oct 2014 - 15:58

Elle se déplie sans un mot. J’aurais aimé qu’elle retrouve le contenu de son tiroir vide. On se serait dit « bonjour ! ».
Et on aurait marché sous la pluie, sous un parapluie. Même si c’est ce qu’on fait, c’est pas pareil.
Il manque des mots pour boucher les trous dans l’air. C’est comme des bulles pleines. C’est plus joli, elles durent  plus longtemps que les bulles vides qui s’envolent trop vite.
Ça fait rien, elle tient ma main et moi sa main. On remplira des bulles vides avec tout un tas de mot plus tard quand elle aura retrouvé les mots et moi les souvenirs. On aura beaucoup de chose à faire. Elle à dire, moi à ranger.

En attendant, on marche coté à cote. Presque. Parce que je marche de biais. Pour la regarder. C’est normal, elle ne parle pas et je ne veux rien perdre de ce qu’elle ne dit pas. Alors, on marche coté à biais. Elle de cote. Moi de biais.
C’est surement très bizarre vue de la rue, ou par la fenêtre. Deux personnes qui marchent cote à biais. Mais ça fait rien, c’est pas ça qui compte. C’est elle. Mon radar de rue. Parce que je marche de biais, elle regarde devant nous, pour moi. Elle est mon guide. Et moi, je regarde son visage de biais. J’y guette les pièges de la rue en attendant de trouver un chapeau pour ne pas perdre ce nouveau souvenir.

Il faut se dépêcher, j’ai peur de le perdre. Ce souvenir inoubliable.
On coure ?


Mon visage se ferme… je réalise soudain, que j’ai oublié.
Alors, je le dis, le plus simplement du monde. Parce qu’il n’y a aucune fierté à garder ça pour soi. Ou ce serait de la honte ? De l’orgueil ? C’est pas important. Ou alors, je le sais pas. Si je le sais pas, je n’en serai jamais blessé.

J’ai oublié. Tout simplement.
Comment on coure…


Je serre les lèvres et les yeux très forts… j’ouvre grand, des yeux ronds et verts…. J’ai les yeux verts ?
C’est passé. Je crois que j’ai eu honte. Finalement, je dois grandir. Je pensais que ça arriverait plus tard. Quand j’aurai rempli mes tiroirs avec les souvenirs que j’ai perdus.

Vous m’apprenez ? Mais de biais. Je ne pourrai pas faire autrement.
Je ne veux pas vous perdre du regard. Ni des mains.


Apres un silence noyé par la pluie et ses plics et ses placs etc., je lui dis sans rougir, parce que je ne sais pas ce que c’est. Comment on fait.

Vous êtes délicate. Et vos mains sont comme de la pomme.
Je suis désolé… j’ai oublié le gout des pommes. Mais, je suis sûr qu’elles sont douces et qu’elles ne font jamais mal. Alors, c’est vous. Elles vous ressemblent. Et je suis sûr d’aimer les pommes dans mes souvenirs.
Hâtons-nous, il y a tant de souvenirs à protéger avant de retrouver les autres.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Jeu 9 Oct 2014 - 16:25

Je ne marche pas très vite, mon parapluie haut dans le ciel. Mes yeux voudraient aller droit devant, mais ne peuvent s’empêcher de regarder de côté. Je crois que mes joues ont rosi. Il me regarde et il se met de telle façon que ç’en est un peu étrange. Je ne sais pas trop quoi faire, ni pourquoi il me regarde comme ça. Il n’a pas peur de tomber en marchant de côté ? On ne dirait pas, et puis il a l’air de bien savoir s’y prendre. Un pas après l’autre, toujours de côté, toujours les yeux sur moi. Et moi, j’avance toute droite, les yeux fixés devant, même s’ils dévient parfois. J’ai jamais trop bien su faire comme il faut. Mais marcher tout droit sans regarder de côté, ce n’est pas possible. Pas quand de côté il y a quelqu’un.

Je m’occupe trop des autres. Je ne sais pas si c’est bien. Guillaume aurait dit que non, mais que, comme c’était moi, c’était pas grave, que ça devenait bien. Guillaume laissait passer beaucoup de choses quand c’était moi. Et je laissais aussi passer beaucoup de choses quand c’était lui. Et maintenant, comment je fais ? J’ai qui pour me laisser faire les choses ? Pas Casey. Casey, il a peur comme Guillaume, mais sa peur le fait agir autrement.

Je jette un petit regard de côté. Il est toujours là, je le sais bien. Je sens sa main dans la mienne. Son corps à côté du mien. Je sens tout ça, mais je jette quand même un regard, juste au cas où tout ça, tous ces signaux seraient faux. Et je le vois, et il me regarde, et je détourne vite le regard. J’ai pas l’habitude qu’on me regarde de si près. Casey me regarde beaucoup aussi, mais toujours de loin. Il n’ose pas approcher. Il a peur de mes non mots ? De mes silences ? Je ne sais pas. C’est toujours moi qui m’approche à petits pas, comme pour ne pas l’apeurer.

Mais Casey n’est pas là. Il n’y a que Jude et Jude n’a pas l’air d’avoir peur. Il veut courir et moi je me souviens. Ca me coupe la respiration. J’ai du vent dans les cheveux, la respiration qui remonte dans la gorge, une étrange sensation euphorique qui me parcourt. Moi je sais courir. Je sais courir sur les toits. Dans les escaliers. Dans les pièces. J’ouvre grand les yeux et j’ai presque l’impression d’y être. De sentir le vent sur mon visage. La sueur qui me coule le long du dos. Je pourrais presque le sentir lui, qui me court après. Il va me rattraper !

Je me retourne brusquement. Le parapluie est tombé au sol. La ruelle revient. Il ne fait pas jour, il ne fait pas beau. Je ne cours pas. Et il n’est pas derrière moi. J’ai failli le sentir… Je dois avoir sur le visage l’air perdu qui me saisit lorsque les souvenirs m’envahissent de la sorte.

Et il veut qu’on cour. Mais s’il ne sait pas courir ? Et il veut courir de côté ? Je me mets face à lui. J’ai toujours sa main dans la mienne et il me parle de pommes. Et le souvenir de celui qui me courait après tournoie autour de moi. J’ai des frissons et je me rends compte que tout ça est si vif. Comment ai-je pu croire que je pouvais seulement oublier ?

Délicatement, je pose mon autre main sur sa hanche, le fait pivoter, moi dos à la rue, lui face à moi, mais plus de biais dans la rue. Puis, toujours en douceur, je pose ma main sur sa joue et, tout en me décalant pour être à ses côtés, j’appuie légèrement sur sa joue, pour qu’il tourne la tête. Qu’il court tout droit, moi à côté, et qu’il me regarde encore. Qu’il ne me perde pas du regard. Qu’il voit que je suis là et qu’il n’oublie pas que j’y suis.

Ensuite, ma main quitte sa joue, prend la place de mon autre main dans la sienne. Je m’accroche à lui, et passe alors ma main libre dans son dos. Je ne sais pas trop comment on apprend à courir, mais je le tiens au cas où il tombe. Après avoir bien veillé à ce qu’il ne me perde pas des yeux, je regarde devant moi, et je me remets à marcher. Je l’entraine avec moi et, petit à petit, mon pas se fait plus rapide. Nous trottinons petit à petit, et j’entends presque la voix de celui qui me poursuivait.
Moi aussi, j’ai demandé à quelqu’un comment il s’appelait.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Dim 12 Oct 2014 - 10:42

Je me laisse guider. Comme une marionnette à bout de fils, je fais exactement ce qu’elle veut. Ses gestes qu’elle imprime sur moi avec une douceur infinie. J’apprends à faire du vélo. A courir, c’est un peu la même chose. Et je sais, si je tombe, elle sera là. Comme un père peut-être, qui relève son petit garçon. Qui l’encourage pour qu’il recommence encore et puis tant pis s’il tombe encore aussi. Il finira par ne plus tomber et ils seront fiers.
Je me demande si… non, je n’ai pas un de ces pères qui apprend à faire du vélo.


Mais ça fait rien, j’apprends à courir. Et je coure…. Je coure avec juste sa main dans la mienne. Cette fois cote à cote parce que…. Parce que.
Ma main s’agrippe à la sienne, mais pour ne pas la perdre. On ne sait jamais si elle voulait s’envoler là, seule comme une feuille qui découvre ses ailes. On a tant de vide à remplir. Tant d’histoire à se souvenir.
Et puis, soudainement c’est là. A courir dans la rue, les yeux mouillés de tout ce qu’il y autour. Mes chaussures qui font floc-floc… et l’odeur d’un fruit très gros très rond. Je ne connais pas son goût.
Je m’arrête de courir, tout à coup. Maintenant que je sais courir, je n’ai plus envie. Pas tout de suite.

Ma main se décroche de la sienne. Bras ballants. Je regarde… rien. Le vide. La pluie qui tombe devant mes yeux. Le trottoir qui se mouille. La nuit qui recouvre la ville.
J’y vois noir. Noir comme un visage aux cheveux longs et noirs. Très noirs, et au milieu une mèche grise, et un Chinatown bruyant. Je regarde mes pieds mouillés dans mes chaussures qui font floc-floc. Je me souviens…
Mais ça ne compte pas, ça ne compte plus. C’est un souvenir fané froissé. Un souvenir trompe l’œil. Rien de vrai, tout de faux. Des poupées Russes qui font illusions jusqu’à la dernière. C’est là que j’ai arrêté de courir. Je me suis souvenu qu’il n’y avait rien. Du vide. Et un gros trait au marker couleur terne comme on ferme les yeux parce que ça n’existe pas. Une indignité de plus au vocabulaire du collectionneur.

C’est tout ce qu’il reste de ce souvenir. Rien qui ne vaille la peine d’arrêter de courir. Rien, c’est tellement triste et sans intérêt. Ça ne vaut pas un sourire, et ça vaut pas un clou. Ça ne vaut pas les mains qui se cherchent du bout des doigts.

Je reprends sa main après avoir jeté le tiroir rempli de ce souvenir encombrant et pourtant plein de vide.
Je me sens léger, apaisé. Je me tourne vers elle et je lui souris. Les bananes c’est mieux que les pastèques.
Et je m’envole, je coure et souris d’avoir rempli un tiroir. Je l’entraine dans mon vol dans la rue au-dessus des autres et des autres, les passants qui ne voient rien, qui ne voient que l’inutile. La nuit parait plus claire maintenant. Allégée du noir et de la mèche grise trompe l’œil.
Vue d’en haut, on est si bien. Et on se parle sans un mot. On se sourit sincèrement. Et c’est plus beau comme ça. Mes chaussures ne font plus floc-floc. Et je n’ai plus envie de connaitre le gout de ce fruit vraiment trop gros.

Je lui dis sans un mot qu’on est bien quand on vole. Que la nuit dans le ciel parait moins noire. Qu’il y a toutes les couleurs en bas dans la rue qui brillent et on dirait Noel. Et je lui dis merci de m’avoir appris à voler.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Lun 3 Nov 2014 - 11:39

Je me suis perdue, à trop courir partout sans vraiment faire attention. Je me suis perdue en chemin, perdue avec moi-même. Perdue en moi-même. Et je pourrais dire « c’est sa faute, à lui, à elle, à eux ». C’est toujours la faute de quelqu’un. Mais ça ne me servirait à rien de savoir à qui la faute – à moi beaucoup sûrement. Non, vraiment, ça ne sert à rien. Ça ne fait pas avancer de savoir qu’untel à fait du mal. Peut-être juste à la limite à se dire « je ne vais plus lui parler, je vais me protéger ». Mais comment se protéger quand on se fait imposer les choses ? Alors non, je ne veux pas savoir à qui la faute. Tout cela ne m’intéresse pas. Je me suis perdue, c’est ça qui importe. Perdue je ne sais même pas où, puisque je suis perdue.

Je suis perdue et je suis triste. Triste d’être perdue, triste de toutes les constatations possibles à faire, que je ne veux pas envisager, mais que j’imagine pourtant. Je suis perdue et je suis seule. Je veux pleurer et…

Un chapeau melon. Je le prends, le regarde et l’essaie. J’ai les larmes aux yeux et l’envie de sentir la chaleur de quelqu’un près de moi. Le chapeau melon ne me va pas. Un béret. Que je repose bien vite.

Et puis, tout ça, ce n’est pas pour moi. Je n’ai pas besoin de chapeau, puisque je me souviens. Pourquoi un chapeau alors ? Et puis, tiens, tu es là ? Tu es encore là ? Je te regarde, avec mes yeux qui brillent. Enfin… Je crois qu’ils brillent. Je ne sais pas en fait. Je ne sais jamais à quoi je ressemble, l’air que j’ai. Parfois, on me dit que j’ai les yeux qui brillent, et je ne comprends pas comment mes yeux peuvent briller. Il y a des lampes au fond ? Les médecins n’ont jamais parlé de lampes à l’intérieur des yeux. Alors peut-être qu’en fait je te regarde avec les yeux qui ne brillent pas. En fait, je m’en fiche là de mes yeux. Je m’en fiche de moi tout court. Même si je m’en fichais pas, je ne pourrais pas expliquer, pas dire. Pas laisser crier la moi en moi. Celle que j’entends crier, hurler, pleurer, taper du pied et du pied, mais que personne d’autre n’entend car on ne voit que mon sourire.

Alors je prends un autre chapeau, je le tourne et le retourne entre mes mains. Je ne sais pas trop quel genre de chapeau tu veux. Je ne sais pas quel chapeau peut permettre de garder les souvenirs. Peut-être faudrait-il même construire ton chapeau ? Un tout beau, juste pour toi. Un de la couleur que tu veux. C’est quoi d’ailleurs ta couleur aimée ? Moi, c’est le vert je crois. Un chapeau vert…

Mais dit, quel chapeau te plait ? Un tout petit ? Un à large rebord ? Je ne m’y connais pas en chapeau… Mais je veux bien t’aider à chercher. J’espère juste ne pas me perdre dans tous ses chapeaux. Ni te perdre toi. Tu es si petit, et je sens que je rapetisse moi aussi.

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Lun 3 Nov 2014 - 14:24

Elle est triste, c’est sûr. J’ai vu ses joues et l’eau sur elles. Qui coule. L’eau qui mouille, mais qui n’est pas tombée du ciel. Ou alors, du ciel de la mer parce que l’eau y est salée. Mais, la mer n’existe pas ici. Alors, c’est de l’eau des yeux. L’eau des peines et des chagrins qu’on a du mal à faire rentrer tout entier dans nos yeux. Parce qu’ils sont trop gros, les chagrins. Ils pèsent trop lourds et prennent trop de place. Et ils chassent l’eau des yeux.

Ce sont des larmes ?

Je lui pose la question, parce qu’on sait jamais. Oui, on sait jamais. Il y a de fausses larmes, les larmes des crocodiles. C’est pas un animal que j’aime. Ses dents sont beaucoup trop grandes. Et je suis certain qu’elle n’en est pas un. Je pose la question parce que j’ai vu l’eau salée couler sur ses joues. Je ne peux pas faire comme si j’avais rien vu. Ce serait mentir. Et malhonnête. Et c’est trop tard. Il y a trop de menteur et de malhonnête pour en ajouter un. En tout cas, ce ne sera pas moi.

Ah… j’ai cru.
Je me suis trompé. C’est l’eau de la pluie. Dedans, il y a vos yeux qui brillent et leurs reflets les a rendu différents. Comme des larmes sur la joue.
L’eau salée ? Ah oui, c’est moi. J’ai ajouté le sel comme on sale quelque chose pour qu’il attire l’attention. Ce qui est important. Pour ne pas oublier de le voir.


J’ai pris le chapeau melon, et je l’ai enfoncé sur ma tête. Trop profondément parce que j’avais l’air grotesque, un Charlot ridicule. Ce serait dommage.

Que dites-vous ?

Ah, c’est vrai. Vous êtes muette. Je devine dans votre regard les mots que vous ne dites pas. Et j’ai compris.
Ce qu’il vous faut, c’est un chapeau de mime !

Vous croyez qu’il habite ici, Marceau ?
Je l’ai vu dans les livres, mais j’ai oublié de regarder son adresse. Je suis étourdi, vous savez ?


Vous ne parlez pas… mais ça fait rien, j’ai compris ! Quel chapeau pour garder mes souvenirs…
Je regarde là, et là. Mais là c’est mieux. Au fond du rayon, un chapeau normal, un chapeau comme tous les chapeaux, pas prétentieux, pas arrogant comme ceux des gendarmes d’avant.
Un chapeau gris, un peu noir ? Je ne suis pas sûr, il y a la nuit et ses chats trompent l’œil.
C’est un chapeau ordinaire que je pose sur mon crane, et cette fois, qui me va parfaitement. Enfin, j’y crois très fort, parce que je sais très bien qu’il est beaucoup trop petit pour ma tête.
Et je souris ! Et j’ai surement l’air d’un enfant trop grand pour son chapeau.
C’est pas ça qui compte. Ses yeux brillent. C’est ça, l’important.

Mais ouille… quelque chose est tombée sur ma tête. J’ai mal au crane. Mon chapeau gris un peu noir ne m’a pas protégé. Il ne sert à rien alors ? S’il ne me protège pas des mauvais souvenirs. A quoi sert-il ?
C’est un affreux souvenir. Comme un fruit chauve et le teint foncé. Il était beau au début, il donnait envie de croquer dedans à pleine dents ! Il aurait dû être juteux et généreux. J’ai cru qu’il était rare. Sa peau était belle et parfaitement lisse et propre. Mais c’est le souvenir d’un fruit pourri. Le ver vivait à l’intérieur et y avait creusé tant de galerie. Le fruit était aussi vide qu’une cruche. Un fruit venimeux. Je croyais que ça n’existait que dans Blanche-neige.

C’était un fruit sale, acide et mauvais. Un souvenir qu’on doit jeter. Parce que ça ne sert à rien de garder ce qui est mauvais. Ça gâterait le reste. Le beau.
Et je veux garder le beau et voler dans le ciel. Mais je ne veux plus peindre le ciel. Il appartient aux enfants.  Ce sont eux, avec des couleurs plein les yeux, qui font le ciel si beau et des couleurs aussi belles.

Je saisie le chapeau et regarde l’intérieur. Vide, comme le fruit venimeux.
Ce chapeau ne me servira à rien. Il n’a aucun intérêt. Il est ordinaire, mais vraiment trop laid. C’est curieux, parce qu’il est comme les autres. Lui, lui et lui, et lui aussi. C’est tous les mêmes.
Mais celui-là que je tiens dans la paume de ma main, il ne fera du bien à personne.
Il n’apportera rien de bon.

C’est pas lui que je veux.

Je le jette comme une pierre qu’on jette pour faire des rebonds sur les souffles d’air. Et le chapeau s’envole vers un air meilleur.
Je n’ai pas besoin de ce souvenir.
J’en ai tant de beaux à retrouver.

Je souffle et souffle à  bout de souffle et de toutes mes forces pour que le chapeau vole le plus loin possible.
Et je souris.
C’était un vilain souvenir.

Je plonge la main dans le rayon à chapeau pour attraper au hasard un chapeau. Et j’en retire un, l’air glorieux et fier sur mon visage. C’est exactement le même que celui que les souffles emportent.
Pourtant, il n’a rien à voir.
Je le prends et le pose sur le sommet de mon crane. Il est aussi petit que l’autre, mais celui-là me va bien.

Je peux sourire et continuer à sourire.  J’ai trouvé mon chapeau.
Il ne me reste plus qu’à le remplir de souvenirs.
Le premier, ce sera celui de ses yeux qui brillent.

Souriez mademoiselle, la nuit est belle ! Et le jour sera parfait.
Et je sais qu’un souvenir nous attend à l’autre bout de la ville.
Dans un opéra.

Vous avez trouvé le chapeau du mime ?

Donnez-moi la main, et montrez-nous le chemin. J’ai peur de me perdre dans le jour. Alors, hâtons-nous !

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MessageSujet: Re: Vous avez l'heure ?   Mar 4 Nov 2014 - 11:06

Tu me demandes si ce sont des larmes et je ne réponds pas. Je pourrais dire oui avec la tête, mais j’ai l’impression que ça les ferait tomber encore plus vite de mes yeux. Alors je te regarde juste, et je papillonne des cils. Mais pas pour te faire du charme. Pour chasser les larmes. Je bats des cils vite et vite, encore et encore. Et voilà. Ne reste que le brillant des yeux qui te regardent. Je te regarde et je me souviens. Je me souviens de ton regard. Loin dans le Sud. Caché derrière des cheveux châtains que tu tenais contre toi, devant un verre. Je me souviens de ton petit sourire, mais pas de ta voix. Je me souviens de certains de tes gestes aussi.

Et puis, pouf, me voilà revenue près de toi petit, avec ce chapeau dans les mains, sur la tête. Et je n’aime pas trop ce chapeau, mais je ne sais pas comment le dire. De toute façon, à voir ta mimique, tu ne l’aimes pas non plus. Et tu le jettes et je le regarde voler. J’aime voir voler les choses. Comme les bulles de savon. Oui, ça n’était pas un chapeau pour toi. Je te souris et te regarde chercher. Avant de me souvenir que tu m’as dit de chercher aussi. Chercher quoi déjà ? Un chapeau de mime ? Je ne sais pas à quoi ça ressemble, un tel chapeau. Je suis un mime ? Je peux l’être oui, pour que tu me comprennes. Même si tu devines bien souvent juste.

Alors je cherche. Je prends un chapeau dans la main, puis un autre, encore un autre, et un autre. Des tas de chapeaux, qui ne vont jamais. Trop ceci, pas assez cela. Un chapeau de mime ? J’ai l’impression que ça me fait penser à quelque chose. Ça me titille là, dans un coin de ma tête. C’est comme si quelque chose me grattait au fond du crâne. Pour sortir, ou pour me dire « rappelle-toi ». Alors j’essaie de me souvenir. D’y réfléchir.

Et puis, tu me donnes la réponse. Et c’est comme si la lumière envahissait mon esprit. Une lumière douce, lumineuse, merveilleuse. Une lumière de souvenir.
« Mon bouffon… »

J’ai les yeux dans le vague. Je suis ailleurs, déjà là-bas. Je ne me suis même pas rendue compte que je t’ai parlé, que j’ai murmuré, d’une voix un peu rauque. Mon chapeau de mime est très sûrement là-bas. Et le bouffon ? Je n’ai jamais trouvé mon bouffon… J’ai cru le voir en plusieurs personnes, mais jamais assez bien, jamais totalement comme il  fallait. Jamais sans qu’ils ne comprennent aussi, toute la force du mot. Bouffon. C’est beau et c’est doux et ça fait sourire. Ca fait rire et ça dit les choses qu’on ne voit pas, qu’on ne veut pas voir. Et ça soulage, c’est fort. J’avais cru l’avoir trouvé. Un bouffon chat-foin. Un bouffon, un vrai, un fort. Mais il a disparu. Les bouffons, les bons, disparaissent toujours. C’est triste.

Mais là n’est pas le sujet. Tu as trouvé ton chapeau et je le touche du bout des doigts. Et je hoche la tête, d’un air qui dit « oui, ça m’a l’air le bon chapeau ». Et j’ouvre la bouche, j’ai envie de te dire les mots « allons voler ». Et peut-être que ça sort, puisque j’ai l’impression d’entendre ma voix à mes oreilles.

Vole vers-là.

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