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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 Récital pour salopard(s)

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Insurgé
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Guinea
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MessageSujet: Récital pour salopard(s)   Mar 2 Juin 2015 - 18:10

« Ne proclamons heureux nul homme avant sa mort. » - Sophocle

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Mauvaise cuite, avec du mauvais vin. Ou quelque chose qui devait y ressembler. Il faisait peine à voir, celui qui était fut un temps le grand sauveur de Novlangue. Il avait fait un déni de conscience, car il ne supportait plus ce poids énorme sur ces épaules. Quoi de plus normal, pour quelqu'un qui n'est qu'un être humain ? L'on parlait avec amusement de la déchéance d'une des plus grandes légendes du Mirail. Celui qui n'avait qu'un œil, le pourfendeur des NODs, le professeur dynamite, etc etc. Paraîtrait même qu'il se serait embrouillé avec son plus vieil et grand ami Moses, à propos d'une bouteille.

Enfin, c'est ce qu'on raconte. Guinea n'était plus que l'ombre de lui-même, il tenait à peine debout. Vautré dans un coin d'une chambre miteuse entrain de fumer clope sur clope, tenant d'une main sa cigarette et de l'autre cette fameuse bouteille de vin... Ou de quelque chose qui devait y ressembler, une sorte de placebo quoi. Il regardait de son seul oeil par la petite embrasure qui servait de fenêtre, adossé à un mur, à moitié habillé, ou à moitié nu comme on le voudra. La seule chose qu'il arrivait à distinguer assez clairement, était les tam-tam dans son crâne qui revenaient à un rythme régulier, comme pour lui rappeler que l'on échappe pas à sa condition.

Zola avait donc raison. Zola avait très bien décrit qu'après une longue journée à trimer dans la mine, les ouvriers n'allaient pas courir pour s'acheter de quoi manger, mais qu'ils préféraient allez à l'Assomoir, pour un coup avec les copains pour oublier sa propre situation. Ouais, tout le monde s'en tape complètement de Zola, plus personne ne doit le connaître ni le lire de toute façon. Il passa sa main sur son front, pour y enlever les gouttes de sueurs qui y perlaient. Putain de chaleur était-il entrain de marmonner dans sa barbe.

Puis, il se redressa lentement, tout en restant coller contre le mur pour ne pas perdre l'équilibre. A côté de lui, une table. En face de lui, un lit. Un bordel pas possible sur ce dernier, à croire qu'il y avait eu un champ de bataille ici. Il s'allongea dessus... Enfin se laissa plutôt tomber comme une pierre, car il n'avait plus aucune force. Il enfouit sa tête au fond de ce qui ressemblait à un coussin et soupira un grand coup. Voilà, c'était sa routine. Mais cette routine venait d'être interrompu par quelqu'un qui venait de toquer à la porte. Une fois. Puis deux. Puis trois. Bordel, c'était qui à la fin ?

J'arrive, j'arrive. Attendez une seconde...

Marmonna t-il avant de décider à lever son cul miteux, d'un lit miteux et d'une chambre tout aussi miteuse. Il enfila rapidement quelques affaires et alla jusqu'à la porte, qu'il entre-ouvrit légèrement pour voir de qui il s'agissait. Il ne connaissait pas la personne. un homme assez jeune, bien habillé pour un taudis comme le Magdelaine. Il avait une petite enveloppe sur lui et bredouillait timidement pour faire comprendre à Guinea que ce mot était pour lui. Il ria en le voyant, ouvrant la porte et se saisissant de l'enveloppe en le remerciant, claquant la porte juste derrière lui. Il inspecta longuement l'enveloppe avant de l'ouvrir.

A l'intérieur, un petit mot griffonné. Guinea bloqua quelques instants, se rua vers la porte pour voir si le coursier était toujours dans le couloir, mais non. Il resta coi pendant quelques instants, avant de refermer une nouvelle fois la porte, sortant une autre cigarette et s'asseyant sur son lit. Il se mit à relire plusieurs fois ce qui était écrit dessus et ne parvenait pas à y croire. Il se devait de voir ça de ses propres yeux.

Ni une ni deux, il enleva le tas d'affaire qu'il avait sur lit et se précipita dans un réceptacle qui semblait être une douche, ou quelque chose comme ça. Histoire de ne pas être un pouilleux non plus. Cinq minutes plus tard, il était déjà sorti, rassemblait ses affaires et mettait sa plus belle tenue de soirée... Enfin, la tenue la moins dégueulasse qu'il pouvait trouver surtout. Une fois ses affaires prêtent, il se précipita hors de sa chambre et dévala en quatrième vitesse les nombreux étages qu'il lui fallait descendre pour arriver à l'accueil. Cet hôtel était une arnaque pas possible. La décoration était dégueulasse, l'ambiance était infâme, la bouffe était infecte et sans doute que le chef cuisiner crachait dans les plats -si pas plus- avant de les servir. Un endroit charmant pour lui.

Vous êtes attendu à la table 12 monsieur.

Guinea sursauta légèrement quand il entendit cette voix féminine s'adresser à lui, plongé qu'il était dans ses pensées. En plus il y avait droit à un vouvoiement. La maison faisait des efforts et ce n'était pas pour rien. Il marcha d'un pas rapide pour trouver la table 12... Mais personne n'était encore là. Il regarda autour de lui et décida finalement de s'asseoir, en attendant ce qui allait se passer. Il se remémorait sans cesse les mots qu'il avait lu sur le petit morceau de papier, encore et encore. Puis, quelqu'un fit son entrée. Un grand silence se fit dans l'étroite salle qui composait vaguement un "restaurant" de l'hôtel. Des pas lourds et réguliers se firent entendre, jusqu'à la table de Guinea. Ce dernier leva lentement les yeux, pour détailler la parure de l'uniforme, les détails ajustés dans chaque recoin, les médailles et autres galons rutilants, pour arriver jusqu'à cette gueule. Une gueule qu'il connaissait très bien.

Payne... Payne... Payne... Tu n'as pas changé dis moi, depuis la dernière fois qu'on s'est vu.

Guinea se mit à rire, se retenant pour ne pas moquer son interlocuteur qui lui faisait face.

Il y a bien longtemps que l'on ne m'a pas appelé comme ça, Général. Excusez moi, on doit dire Maréchal maintenant, non ? T'as toujours été un excentrique incapable de contenir tes envies les plus macabres.

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Heraklios Toungouska
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MessageSujet: Re: Récital pour salopard(s)   Mar 2 Juin 2015 - 22:19

Heraklios aimait particulièrement la chasse. C'était un de ces passe-temps favori. Quelqu'un de respectable ne passe pas ses journées à boire, à courir les filles ou d'autres activités de débauches dans le genre. Il préférait chasser, car c'était un sport noble. Un sport de grand homme, de gentleman. Il ne l'avouerai jamais, mais il a depuis toujours souffert d'un complexe, un complexe qui le ronge et le mine : Celui d'avoir du pouvoir, encore et toujours. Il savait parfaitement que derrière toutes ces parures, derrière ces bels uniformes qu'il s'était fait faire, il se trouvait quelqu'un qui souffrait terriblement de ne pas être reconnu à sa juste valeur. Il méprisait au plus au moins toute cette classe d'assisté, de parasites. Il ne s'agissait pas des Insurgés -bien qu'il n'en pensait pas moins- mais bel et bien des Automates. Il faisait des courbettes, des sourires et des manières, pour être "comme eux". Mais il n'était pas comme eux.

Heraklios était un soldat. Un soldat de carrière, un soldat de métier. Il ne connaissait que ça, ne pouvait faire que ça. Il avait voué toute sa vie entièrement à la cause armée, à la vie militaire. Entré très jeune, il avait fait ses classes sans se faire remarquer. Ce n'est qu'après avoir pris du galon qu'il commença à avoir cette soif de vouloir plus : Plus de responsabilité, plus de pouvoir, plus de directives et donc plus de respect cela va s'en dire. Il était connu pour ses méthodes brutales, cette brutalité qui avait forgé son caractère. On n'aimait pas le Général Heraklios du temps où il était général, on le détestait et ça lui allait très bien. Ce titre pompeux de Maréchal, est plus honorifique qu'autre chose. Si on lui laissait plus de marge de manœuvre, il se bombarderait certainement Généralissime de Novlangue. Toujours plus, toujours trop. Mais cela collait parfaitement avec son caractère, il ne pouvait pas allez contre.

La chasse donc. Cette chasse l'avait finalement mené vers la plus grande des proies qu'il voulait accrocher à son tableau. Il connaissait parfaitement la cible à atteindre. Qui elle était, d'où elle venait, ce qu'elle faisait... Bien avant que Novlangue n'existe. Il connaissait cette personne car ils avaient crapahuté dans les même tranchées, les même cimetières de cadavres. Ils savaient ce qu'était la poudre et la puanteur de la décomposition. Ils avaient combattu ensemble, il y a longtemps maintenant, très longtemps. Heraklios avait su de sources sûrs qu'il trouverait Guinea ici, dans le Magdelaine. Il avait attendu une semaine avant de se décider, avant de prendre cette décision. Un endroit "neutre". Il savait que Guinea ne tenterait rien et lui ne tenterait rien non plus. Une rencontre de soldat à soldat, rien de plus et rien de moins. Il avait fait forte impression en arrivant dans l'établissement, avec son uniforme rutilant ainsi que ses gardes qui avaient eu ordre d'attendre à l'entrée et de ne surtout rien tenter. Il l'avait reconnu au premier coup d'œil, alors qu'il était de dos. On oublie jamais des personnes que l'on a fréquenté pendant un aussi long moment.

- J'ai toujours essayé de voir le plus haut possible. Regarde où j'en suis maintenant. Regardes donc où tu en es actuellement. Il n'y a pas photo, pas vrai ?

Heraklios s'installa, posant ses deux coudes sur la table avec un léger rictus, sa balafre s'accentuant encore davantage, le rendant presque naturellement menaçant, alors qu'il était simplement de bonne humeur.

- Patrick Payne. Matricule 0036957224. Lieutenant. Surnommé "Pat-Pat" par ses soldats. Tu étais un redoutable meneur d'hommes tu sais. Tu aurais pu prendre n'importe quel objectif avec ta section. Tu aurais pu prendre d'assaut les enfers si on t'en avais donné l'ordre ! Mais tu as préfère jouer au savant philosophe... Briser la loi pour vouloir être "libre". Mpff. Qu'est ce qu'elle t'as apportée cette liberté, Guinea ?

Heraklios sortit sa pipe et la coinça entre ses dents.

- Puis c'est quoi ce surnom à la con ? "Guinea". Il n'y avait pas mieux chez tes copains crasseux ? Dire que je t'ai formé et voilà comment tu nous remercies. Si je me ne retenais pas, je te mettrai une rouste pour le plaisir ! Mais comme tu le vois, je préfère échanger calmement et si possible, nous souvenir du bon temps. Qu'en dis-tu ?

Un connard. Heraklios était un connard. Mais un connard raffiné, avec du tact et avec de la répartie. Dieu seul sait comment il avait réussi à faire arriver jusque là, du champagne. Il cherchait sans doute à fêter quelque chose et c'est avec empressement qu'il commença à s'attaquer au bouchon pour le faire sauter.
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MessageSujet: Re: Récital pour salopard(s)   Jeu 4 Juin 2015 - 20:18

« Ne proclamons heureux nul homme avant sa mort. » - Sophocle

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Il y avait à ce moment là un sentiment étrange qui le traversait. Un mélange de respect et en même temps de haine profonde. Guinea ne savait pas comment aborder au mieux cette fameuse rencontrer, avec une personne qu'il avait très bien connu autrefois. Autrefois, car cela date d'il y a extrêmement longtemps. De vieux frères qui décident subitement de changer de voies, qui décident de partir chacun de leurs côtés. Voilà d'où venait cet alchimie bizarre qui les unissaient, cette haine mutuelle qu'une amitié passé continuait d'entretenir. Il y a bien longtemps maintenant, que ce passé est derrière eux. Que voulait exactement Heraklios ? Pourquoi le voir ? Pourquoi ici ? Une personne de sa stature ne se déplace jamais pour rien, jamais pour faire semblant.

Comme d'un signal, l'entièreté de la pièce était vide. Chacun et chacune ayant compris qu'il valait mieux ne pas rester, que cette petite soirée était privée. Du champagne, rien que ça. Peut-être qu'il allait manger son dernier repas, qu'il allait être sacrifié sur l'autel de la bêtise et de la contre-révolution. Pourtant, Guinea souriait. On relative toujours ce qui nous arrive, dans des situations comme celle là. Il avait mille et une question à poser à son ancien supérieur, des questions qui allaient s'agglutiner et ne pas trouver de réponses concrètes. Pour lui désormais, il n'y avait plus rien. Il s'était renié quelque part, peut-être même caché. Un être humain ne peut pas dans son cœur, loger à la fois la révolte, le dégoût et la colère. Et lui, lui Guinea, était un homme ordinaire malgré tout ce que l'on racontait sur lui. Mais comme toute légende de l'ombre, il y avait une grande part de mythes. Paraît qu'il aurait tué 500 NODs à lui tout seul. Qu'il aurait réussi à faire exploser des cantonnements entiers de soldats. Qu'il avait réussi à résister à une compagnie entière de Mentalistes. Beaucoup trop de bla bla pour ne pas aller à l'essentiel : C'était un homme fatigué, usé et brisé.

Tu as préféré choisir la voie de la Terreur et de la Vertu. Enfin, en apparence... Tu as toujours été un grand discoureur, tu as toujours su trouver les mots pour que l'on aille dans ton sens. Là dessus, tu es très doué. Mais derrière ta parure, tes médailles et ton apparat, les anciens savent que tu n'as toujours été qu'un petit chefaillon avide du toujours plus.

Guinea sort de sa poche une cigarette, qu'il tapote sur la table avant de la mettre entre ses lèvres. Il sort son briquet, l'allume et range le tout, en un clin d'oeil. Le bouchon de champagne explose, ricoche contre le mur et fini sur une table un peu plus loin. Les deux flûtes sont remplies. Il fixe le liquide tout en fumant sa cigarette, attrape le verre, en examine rapidement le contenu et le repose. Ce n'était pas encore le moment des réjouissances, ni de faire la fête.

Tu sais très bien que Guinea était mon nom de code quand je faisais des sales missions non-officielle. Puisque de toute manière mon entité m'avait été volé, j'ai préféré garder ce fameux nom de code. J'ai fais comme tout le monde, toi non plus tu ne t'appelles pas vraiment Heraklios Toungouska. Tu ne craches pas sur la liberté de conscience, quand cette dernière peut te permettre de te hisser plus haut dans l'échelle sociale. Allez, santé !

En quelques gorgées, le verre était fini. Drôle de sensation que de boire un alcool dont on avait plus entendu parler depuis longtemps. Une sensation agréable, agréable qu'il en redemanderait. Mais il n'était pas comme ça, Guinea était partisan du tout ou du rien. C'est pour ça qu'il était temps aimé dans l'armée, parce qu'il faisait toujours le maximum, ou disait clairement non à ses supérieurs. Malgré son indiscipline, sa grande gueule, il était trop précieux pour ne pas être utilisé à des fins purement militaire. De plus, ses hommes l'appréciait. Peut-être qu'il y a eu comme souvent, la mission de trop. La mort, la perte de quelqu'un. Voilà où il en était rendu. Heraklios savait tout de lui, il savait tout de Heraklios. Une jolie partie de ping-pong allait s'enchaîner, car chacun connaissait les points faibles de l'autre.

Maréchal... Maréchal... Tu as toujours vu tout trop grand, trop magnifique.Fut un temps, tu étais quelqu'un de bien. Un modèle pour de nombreuses personnes. Un progressiste. Regarde ce que tu es devenu... Tu as le pouvoir ? S'il te plait, pas à moi ! Tu n'es que le bouledogue que l'on sort de temps à autre, pour faire peur aux Insurgés et aux Orthodoxes. Nous savons parfaitement que tu n'es pas libre, que tu es conscrit dans tes plans pour les Automates et par une partie des Mentalistes. Tu rêves de grandeur, tu leur sers juste à nettoyer leurs chiottes avec la langue.

La tension était devenu palpable. Guinea avait jeté un rapide regard vers Heraklios, qui s'était subitement crispé, tentant de garder son calme. Il haussa les épaules, se servant une nouvelle fois comme si il était chez lui. De toute façon ce n'est pas lui qui allait payer, alors autant en profiter.

J'ai dis quelques chose de vexant, Maréchal ? Tu es enfermé dans une cage dorée. Moi dans une cage qui sent la merde. Je sais parfaitement pourquoi tu m'as fais venir ici, ne t'en fais pas. Combien ? Allons, allons. Depuis le temps que l'on se connait, arrêtons de parler pour faire des phrases. Arrêtons de faire des phrases. Tu es venu ici pour me demander un service, quelque chose. Je ne suis pas aussi idiot que tu pourrais le croire.

Peut-être que le coup allait faire mouche.

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MessageSujet: Re: Récital pour salopard(s)   Sam 13 Juin 2015 - 12:22

Une chose n'avait pas changé chez lui. Cette chose, c'était son franc parler et cette aisance à pouvoir retourner les propos de celui ou celle qui lui faisait face, contre lui/elle-même. C'était sans doute pour cela que Heraklios éprouvait encore de la sympathie pour cette vieille connaissance, qui semblait s'être perdu dans les méandres de la révolution. Idée folle et stupide, emprunte de passion et faîtes pour ceux qui n'ont rien, mais qui aimeraient jouir de tout, en parfait pacha. Cette idée répugnait profondément l'homme qu'était Heraklios, en tant que militaire certes mais même en temps qu'homme penseur, voir savant. Personne ne ferait rien dans Novlangue, tant qu'il aurait la main-mise sur l'ensemble des forces NOD. Il savait être impitoyable et dépourvu de toute compassion. La Vertu dont parlait Guinea sans doute, se trouvait quelque part là : Sorte de déesse glacée, fixe et inatteignable quoi qu'il arrive.

Son vis à vis marquait plusieurs points, c'était indéniable. Heraklios comblait son manque d'avancement par toute une cérémonie et des rituels qui lui avaient donné de l'importance. Il s'était échiné pour arriver où il était et il en était fier, quoi que l'on puisse en dire. Il lui a fallut faire de nombreuses courbettes, savoir être fin dans certaines situations, pouvoir rebondir dans d'autres. On ne s'improvise pas comme un chef de guerre, mais on le devient car l'on est capable de montrer qu'on en veut toujours plus, encore plus, davantage plus. Heraklios, était l'homme du calcul sec, d'une grande froideur, d'un tempérament calme, qui atteignait l'hystérie quand quelque chose n'allait pas dans son sens.

- J'ai réussi à me faire une place, là où toi tu as fais du surplace. Tu as toujours été un idéaliste quoi qu'il arrive, même si tu dois continuer de t'en défendre. Le monde ne fonctionne pas comme tu le souhaites, mais il me donne raison : Regarde où je suis, regarde où tu es. Tu crapahutes dans un taudis moisi, je peux me payer les meilleurs services que cette ville peut offrir. Je peux me divertir, avoir accès à de la culture, qu'est-ce qu'il te reste ? Rien du tout. Tu es seul Guinea et ça nous le savons. Tu as toujours voulu t'entourer, mais tu resteras et finiras seul. Quand tu auras accepter ce fait, tu pourras envisager les choses différemment.

Le champagne n'était plus un luxe de toute manière. Il existait des tonnes de dérivatifs alcoolisés qui avaient remplacé depuis longtemps un breuvage à bulles qui était une relique d'un temps oublié, où l'on faisait des réceptions et où chacun faisait virevolter ses plumes tel un paon, pour montrer qu'il existait et qu'il pouvait être le plus beau. Un artefact, une drôlerie qui en soi, n'a absolument plus aucune utilité social depuis bien longtemps. Mais Heraklios était nostalgique. Non ce 'n'était pas mieux avant', mais il y avait une simplicité qu'il aimait à garder. Il fallait composer en quelque sorte.

A l'instar de Guinea, Heraklios avait sortit de sa poche sa petite pipe fétiche, qu'il avait bourré rapidement avant de l'allumer et de commencer à tirer dessus, croisant les bras, la tête légèrement surélevé en écoutant ce que racontait son ancien acolyte. Guinea était expert des discours fleuves, pour essayer de noyer celui qui lui faisait face, pour qu'il se perde et finisse par avoir raison. Il le connaissait suffisamment pour ne pas tomber dans son piège, pour fixer ce qui était essentiel et pour ne pas se laisser distancer. A un moment donné, un éclata de rire.

- Ne te moque pas du monde, par pitié Pat' ! Ce n'est pas à cause de "nous" que tu as décidé de changer d'identité et de disparaître, de garder ce pseudonyme affreux. Tu mens comme tu respires, tu deviens comme tout ses rats qui se terrent dans les égouts. Tu sais parfaitement pourquoi tu as décidé de changer d'identité et de ne plus avoir à faire à ton passé.

Heraklios se penche légèrement, plante ses coudes sur la table et désigne Guinea avec sa pipe.

- Tout ça c'est à cause de Arthas et de Aarliane et parce que tu n'as jamais pu te regarder dans une glace après ce qui s'est passé avec eux deux. Tu savais parfaitement que Arthas devait rester avec elle, mais tu as insisté pour qu'il vienne. Tu as ensuite insinué que je t'avais obligé à faire cette mission suicide, alors que tu t'es proposé et que tu as proposé Arthas ! Tu parles de liberté de conscience, mais regarde donc ta conscience avec de venir me demander si la mienne se porte bien. Car oui, ELLE SE PORTE BIEN ! JE N'AI PAS FAIS TUE MON MEILLEUR AMI !

Silence dans la salle. Heraklios fixe Guinea, Guinea fixe Heraklios. Ce n'est plus de la tension qu'il y a dans l'air, mais de l'électricité. Guinea sert les points, Heraklios déboutonne légèrement le bouton où se trouve son arme de service. Si il ose bouger, il le plombe et tant pis pour ce qui se passera. Mais au final, cette tension reste dans l'air, mais la discussion peut reprendre. Heraklios fini son verre, puis se ressert, puis demande autre chose à boire. Il faut un moyen de pouvoir délier les langues, de pouvoir parler franchement sans se faire des ronds de jambes. A chaque fois que leur regard se croise, c'est comme si ils étaient entrain de se tirer dessus mutuellement. Il n'y avait que du silence, un silence de mort, assourdissant et dérangeant.

- Écoutes moi bien maintenant. Car je ne me répèterai pas deux fois : On sait absolument tout sur toi, notamment grâce au mouchard que l'on a envoyé. On connait parfaitement vos planques, vos habitudes. Certains et certains vous ont déjà donné, sans aucun scrupule. Je vais te dire, on connait les moindres détails de vos habitudes : On sait où se trouve le Murphy's, on sait qui vous donne des armes, on sait qui t'es proche et qui t'es loyal... Seulement, j'ai choisi de faire piétiner l'affaire, j'ai choisi volontairement de ne pas vous liquider tous en même temps. Quand je parle de vous, tu sais très bien de qui je parle, non ?

Heraklios pose sa pipe, passa ses doigts sur sa moustache avant de se mettre bien droit sur sa chaise, haussant les épaules devant le silence de Guinea, tournant légèrement le regard.

- Je parle évidemment de votre petit trio composé d'un ancien militaire repentit, d'un ancien NOD qui de toute façon a des problèmes psychologiques et d'une Orgienne qui nous rend indirectement des menu service en flinguant des automates. Les jeux sont fait depuis longtemps, depuis le début. Tu as juste eu de la chance que cette Orgienne vous rejoigne, car cela a compliqué un peu les choses. Mais ce n'est qu'un point de détail dans toute cette histoire, n'est-ce pas ?

Petit blanc, il attrape sa pipe et la tape plusieurs fois contre la table, avant de la faire glisser entre ses doigts, lentement.

- Oui, j'ai besoin de toi. Nous avons besoin de toi. Cette guerre factice entre NOD et Insurgés, à duré bien trop longtemps. Nous avons un ennemi commun, que sont les Automates et une grande frange des Mentalistes. Ce sont eux qui nous obligent à nous battre, à nous entretuer pendant qu'ils peuvent se pavaner dans leurs temples ou dans leurs soirées luxueuses. Cet ennemi commun veut nous voir nous annihiler, perpétuellement. Je suis venu te demander un service, un énorme service en effet. Celui de te rallier à nous et de m'aider à faire le ménage de manière définitive à Novlangue, pour que le gouvernement comprenne qu'il ne peut pas compter sur des bureaucrates et des illusionnistes, mais sur un homme fort, capable de maintenir la paix et la stabilité. Je te demande ça, car je sais très bien quelle est ta situation actuelle. Tu es coupé d'avec une grande partie des Insurgés. Tu ne sais plus où tu en es. Nous savons également que tu... tu... avec cette Orgienne là...

Heraklios se saisit des mains de Guinea et les prends dans les siennes, tout en le fixant, avec un air paternaliste dans ses gestes et dans son expression. Il le regarde un instant qui semble durer une éternité avant de poursuivre.

- Elle est comme Aarliane. Elle finira par te tromper, par te trahir, pas t'oublier. Robot ou pas, elles sont conçu de la même matière que les femmes ordinaires. Pleine de lâcheté de veulerie et de tromperie. Pat', Pat', Pat'. Ce ne sont pas les femmes qui règleront nos problèmes, car nous sommes des générations élevés par des femmes, qu'elles soient synthétiques ou pas. Ne te laisse pas abuser par des sentiments. Ne te laisse pas abuser par des chimères. Ta place est parmi nous, elle l'a toujours été. Je te demande en tant que frère et ancien camarades de combats, de faire ce choix, de nous rejoindre. Un endroit qui mérite le nom de... foyer.

Heraklios avait fait venir la grosse attirail, à base de violons et de beaucoup de persuasion. Il le connaissait suffisamment pour savoir qu'il souffrait, qu'il souffrait terriblement. Il lui proposait une porte de sortie, mais il se doutait bien que son vis à vis n'allait pas dire oui tout de suite, qu'il allait falloir le travailler. Voilà pourquoi il était venu et voilà pourquoi il tenait à lui parler en tête à tête. En souvenir du bon vieux temps.
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MessageSujet: Re: Récital pour salopard(s)   Mar 22 Sep 2015 - 0:21

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Heraklios avait la faculté de savoir taper, là où ça faisait mal. Il ne restait plus grand chose de Guinea en face, sinon quelqu'un de totalement détruit et incapable de pouvoir répondre. Il était subitement désarticulé, comme si il ne contrôlait plus rien. Il était fait comme un rat, Heraklios avait préparé toute son approche, la moindre de ses paroles. C'était la cerise sur le gâteau. Il y eu un long silence après les paroles du NOD, un très long silence. Puis, subitement... Guinea se mit à éclater de rire. Un rire nerveux. Un rire de haine. Un rire qui petit à petit, commençait à s'éteindre. Puis ce furent des sanglots, puis les sanglots devinrent des pleurs. Il prit sa tête à deux mains et pleura, encore et encore. Il n'était pas entrain de s'apitoyer, il était entrain de visualiser la cruauté du monde qui l'entourait. Un monde abject, qui monde qu'il avait essayé de changer, mais qui avait fini par le faire changer lui. Il n'y avait plus rien du tout, sauf cette éternelle dictature sentimentale.

En face de Guinea, Heraklios ne se montra pas comme un salopard, du moins le salopard qu'il était habituellement. Il tapa plusieurs fois sur l'épaule de Guinea, comme pour essayer de le réconforter, mais rien n'y faisait. Guinea pleurait, pleurait encore et encore. D'un coup, tout passait devant lui. Toute sa vie, toute son œuvre. Toutes les personnes qu'il a aimé, toutes les personnes qu'il avait cotoyé. Il ne restait plus personne aujourd'hui, il était incroyablement seul. Le grand drame des solitaires est qu'ils font tout, pour ne justement pas être seul. C'était un triste constat qui s'offrait à lui. Cependant, il se posait des questions. Comment cela avait-il pu finir ainsi ? De quel façon ? Qu'est ce qui s'était passé ? Où était donc passé tout cet espoir qui l'animait ? Il avait réussit à remplacer l'amour par la haine. Mais c'est la haine qui l'avait emporté définitivement.

Heraklios avait parlé d'une taupe. Guinea cherchait les yeux fermés, de qui il pouvait bien s'agir. Il y avait des dizaines de personnes possibles, les unes derrières les autres. Peut-être des proches, peut-être très proche même. Mais rien, il était trop embrouillé pour pouvoir réfléchir convenablement. Une fois qu'il eut fini de se lamenter, il essuya ses yeux avec ses deux pouces et se racla la gorge, avant de se rasseoir correctement, levant les yeux vers Heraklios.

Tu as toujours eu les mots justes, pour me parler. Comment est-ce que tu fais ? Tu as forcément un truc. J'ai besoin de réfléchir, j'ai besoin de savoir où est-ce que j'en suis. Tu débarques là et tu me demandes à moi, de trahir tout ce que j'ai fais depuis de nombreuses années ? Ce n'est pas possible. Tu le sais aussi bien que moi. Je sais parfaitement que si j'acceptai, je finirai avec une balle dans la tête une fois cela accompli. Vous êtes des salopards et des maniaques, toi le premier. Je te connais trop pour ça.

Dans un geste de rage, Guinea retourna la table et se leva de sa chaise, à la grande stupeur de Heraklios. Ce dernier fit un geste vers les gardes qui l'accompagnaient, pour qu'ils restent à leur poste. Il se leva à son tour et décocha une droite en pleine face à Guinea. Ce dernier tituba légèrement en arrière, surpris par le coup. Se remettant du choc, Guinea se précipita sur Heraklios pour lui allonger une droite à son tour. Puis les deux hommes se mirent à se battre, comme des chiffonniers. Les coups pleuvaient de parts et d'autres, en même temps que les insultes. L'intensité dégagé était-elle, que les rares personnes encore présentent dans la salle ne se firent même pas prier pour partir le plus rapidement possible. Heraklios envoya Guinea valdinguer contre une table. Ce dernier se saisit d'une chaise qu'il écrase sur la face de son assaillant. Puis ce dernier lui lance des assiettes dessus, puis une table. On pourrait se croire dans un western.

Au bout d'un quart d'heure, avec des gardes NODs médusés de voir une telle échauffourée, Guinea alla s'asseoir contre le mur tandis que Heraklios trouve une chaise encore valide pour y déposer son gros cul. Ils étaient haletant, tentant de reprendre leurs respirations. Puis à nouveau, Guinea se mit à rire. Suivi bientôt par Heraklios. Ils se mirent à rire de concert, l'un avec l'autre à gorge déployé. Impossible de savoir ce qu'ils ressentaient. De la haine, de la rancœur, peut-être même beaucoup d'amertume. Après cette tranche de rigolade, Guinea se redressa et alla se planter devant Heraklios, se penchant sur lui pour poser ses mains sur ses épaules, le fixant de son œil unique.  

Je vais réfléchir à ta proposition, sincèrement. Laisse moi deux semaines. Si dans deux semaines je ne t'ai pas donné de réponse, tu n'auras qu'à me mettre une balle dans la tête. De toute façon, tu sais où me trouver. Deux semaines. Je te demande deux semaines. Après, tout sera possible.

Guinea se recula légèrement et lui tendit la main, en signe d'accord. Heraklios regarda la main de son vis à vis, avant de le regarder dans les yeux. Il se leva à son tour et lui serra la main, en lui murmurant qu'il lui laisserait deux semaines exactement et pas un jour de plus. Sans quoi, il allait en finir avec lui, définitivement. Puis l'air de rien, Heraklios fit signe à ses gardes de sortir et de l'entourer, avant de prendre la sortie, laissant Guinea seul dans la pièce dévasté. Ce dernier posa ses mains sur ses hanches, soupirant un grand coup. Il venait de se laisser deux semaines à vivre...

Deux semaines... J'vais en avoir du boulot moi.

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